La syllogomanie ou thésaurisation pathologique

La syllogomanie ou thésaurisation pathologique

Quand accumuler des objets devient pathologique

« Thésaurisation pathologique » ou « syllogomanie » sont les termes médicaux utilisés pour désigner un trouble qui se caractérise par l’accumulation excessive d’objets inutiles et, le plus souvent, sans aucune valeur marchande. Les personnes souffrant de syllogomanie sont surtout dans l’incapacité à se séparer des objets : les jeter leur est impossible. Dans les formes franches, l’espace vital du domicile se réduit peu à peu jusqu’à ce qu’il devienne difficile voire impossible d’accéder à certaines pièces.

Il n’est pas rare que les objets accumulés soient des journaux, des revues, du courrier ou des publicités de grandes surfaces. Mais il peut s’agir de n’importe quel type d’objet : de la vaisselle, des vêtements ou encore des appareils hors d’usage… Bien que fréquemment rapporté par les médias, le « syndrome de Diogène », entraînant celui qui en souffre à se faire envahir par ses propres détritus, reste peu répandu. Ce type de comportement se retrouve souvent associé à certaines maladies psychiatriques. Il peut arriver enfin que les « objets » accumulés soient des animaux ce qui conduit parfois à des situations qui imposent une intervention en urgence.

Le chaos va rapidement régner dans la maison et provoquer un sentiment de honte profonde. Une conséquence habituelle est que les personnes concernées ne laissent plus entrer personne chez elles.

Les symptômes de la syllogomanie

Le DSM 5 (dernière version du Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux, qui fait référence pour les spécialistes du monde entier) a établie un ensemble de critères nécessaires pour que le diagnostic de thésaurisation pathologique puisse être posé :

Critères diagnostiques :

D’après le DSM 5 Thésaurisation pathologique (syllogomanie)

Dans la classification américaine du DSM 5, la syllogomanie se retrouve parmi « les troubles obsessionnels-compulsifs » et leur est apparentée. Cependant, on ne sait toujours pas à l’heure actuelle s’il s’agit d’une maladie complètement à part ou non.

Il n’existe que peu d’études épidémiologiques facilement interprétables sur la prévalence (nombre de personnes atteintes par rapport à un groupe plus large) de cette pathologie. On estime qu’il y a en France plus de 200 000 personnes qui ont été concernées au moins une fois dans leur vie par ce trouble. Quelques études rapportent que les hommes sont plus souvent touchés que les femmes. En revanche, l’expérience clinique est plutôt en faveur d’une plus grande prévalence chez les femmes. La fréquence du trouble, ainsi que sa sévérité, augmente avec l’âge de la personne.

Les causes de la syllogomanie

C’est une question dont la réponse reste encore largement inconnue. On sait que, dans certaines familles, les compulsions d’accumulation sont plus fréquentes et intenses. Il s’agit d’un argument en faveur d’une composante génétique dans la genèse de cette maladie. Certaines études ont aussi pu montrer un dysfonctionnement de « communication » entre certaines régions du cerveau. Mais ces études doivent être répliquées (reproduites par d’autres équipes de recherche) pour que leurs résultats soient confirmés.

Les personnes touchées par la « syllogomanie » sont souvent décrites comme perfectionnistes, ayant un lien sentimental fort avec les objets et des difficultés à prendre des décisions dans leur vie. Ils ont souvent du mal à faire la différence entre leurs sentiments et leurs raisonnements, et entre ce qui est important et ce qui l’est moins.

Les conséquences de la syllogomanie

Les conséquences de la syllogomanie sont multiples : isolement social, difficultés à assurer l’hygiène et l’entretien général de leur logement en raison de son encombrement. La qualité de vie des personnes souffrant de syllogomanie est considérablement affectée et trois quart des patients présentent également un trouble dépressif caractérisé.

La prise en charge de la thésaurisation pathologique

La prise en charge de ce trouble est longue et fait à la fois appel à des traitements médicamenteux et des techniques cognitives et comportementales. Une hospitalisation s’avère souvent nécessaire, ne serait-ce que pour permettre le réaménagement du logement.

Pour aller plus loin

Pour trouver des spécialistes, vous pouvez vous adresser au Centre Médico-Psychologique (CMP) de votre secteur géographique : adresse sur Internet (CMP).

Un livre sur les troubles obsessionnels-compulsifs (TOC) du Dr Lionel Dantin : Savoir pour guérir : les troubles obsessionnels compulsifs