Savoir pour guérir : la dépression


Acheter sur amazon Acheter sur chapitre

La dépression

Qu’est-ce que c’est exactement ? Comment cette pathologie agit sur le cerveau ? Quelles en sont les causes ? Et les conséquences pour la vie des personnes affectées et leur entourage ? Quels sont les différents traitements et médicaments possibles ? Que puis-je faire moi, patient, pour aider à la prise en charge de ma maladie ? Et comment surtout apprendre à améliorer mon quotidien ?

La dépression est une maladie fréquente qui touche chaque année 3 millions de français. La dépression est aussi la première cause de suicides. Pourtant des solutions existent. Ce livre s’adresse en première ligne aux patients et à leur entourage, c’est-à-dire aux premiers concernés et intéressés par la maladie. Il est écrit par des psychiatres, chercheurs et professeurs de psychiatrie qui leur proposent de faire le tour de cette pathologie. Savoir pour guérir : la dépression n’est pas pour autant un livre savant pour les savants. Il s’agit tout simplement de se mettre à la portée des premiers intéressés et de leur donner les moyens de savoir pour guérir. Car savoir, c’est essayer de comprendre et refuser de continuer à subir. Savoir, cela permet d’enrichir le dialogue avec les soignants et d’améliorer les relations avec son entourage. Cet ouvrage propose des informations complètes et actuelles sur la nature et les causes de la dépression. Il fait le tour des différents traitements et médicaments. Il aborde aussi le quotidien de la personne souffrant de dépression pour lui faire prendre conscience des conséquences de la maladie sur sa vie et lui apprendre à se positionner et agir face à la pathologie. Des “exercices“ pratiques permettront au patient de s’approprier sa maladie, son traitement et finalement d’agir pour devenir co-thérapeute. Agir pour guérir et redevenir maître de son avenir.

Extraits du livre

…« Notre société véhicule de nombreux préjugés et idées fausses sur la dépression.

Le premier de ces préjugés pourrait être résumé par la phrase suivante « Un bon coup de pied, et ça ira mieux ». L’entourage pense souvent que la cause de la dépression est l’inactivité, le manque de motivation et de discipline du patient. La dépression ne serait donc pas une maladie mais un simple laisser-aller. Ceci est totalement faux. Comme nous l’avons déjà dit, la dépression est une maladie à part entière. Et cette maladie touche le cerveau avec ses cellules nerveuses, c’est pour cela qu’elle a un impact sur notre manière de percevoir et d’être dans le monde. Ceci peut créer une confusion chez certaines personnes qui ne connaissent pas cette pathologie. Au final, dire à une personne souffrant de dépression « un bon coup de pied, et ça ira mieux » est aussi ridicule que de dire à une personne souffrant d’une fracture « un bon petit marathon, et ça se recollera tout seul ». Une telle position renvoie à une conceptualisation de la dépression qui ne serait pas une maladie mais une faiblesse de caractère. Seule la faiblesse morale de la personne souffrant de dépression expliquerait son état. Cette idée est souvent reprise dans l’entourage : le dépressif s’écoute trop et se laisse trop aller. Le patient lui-même finit par le croire, d’autant plus facilement que nous l’avons vu les pensées culpabilisantes et auto-dévalorisantes sont l’un des symptômes de cette maladie.

Il convient donc d’insister sur le fait que la dépression est réellement une maladie.

Il n’est jamais simple de déterminer les causes exactes d’une maladie. Mais nous allons voir qu’il existe tout un faisceau de causes qui lorsqu’elles convergent peuvent mener à la maladie dépressive. »….

….« En effet, si certaines personnes sont plus vulnérables génétiquement et donc plus prédisposées à souffrir de la maladie dépressive, toutes ne vont pas tomber malades. Dans les familles plus exposées de par leur patrimoine génétique, tous les membres ne vont heureusement pas souffrir de dépression, et il existe même des familles où personne n’aura à subir cette maladie. Il faut encore que d’autres facteurs interviennent pour expliquer le déclenchement de l’état dépressif. On a vu que certains évènements de vie particulièrement marquants peuvent jouer ce rôle comme pour les bébés chimpanzés, la perte de leur mère.

Les évènements qui peuvent mener à la dépression chez l’homme sont nombreux. Ils peuvent être traumatiques comme des violences physiques, sexuelles ou psychologiques, notamment lorsqu’elles surviennent dans l’enfance. Cela peut être encore la perte précoce ou violente d’une personne chère, ou une séparation brutale.

Ou bien, les évènements peuvent être simplement très stressants comme la perte de son emploi, puis une situation de chômage qui dure, ou des problèmes financiers qui s’amplifient, ou encore des problèmes judiciaires dont on ne voit pas d’issue favorable ou des conflits à la maison ou au travail. La liste des tels événements est infinie et bien évidement propre à chaque personne.

De nombreuses études ont mis en valeur le rôle des évènements stressants et traumatisants comme facteur déclenchant ou prédisposant à la dépression. Et récemment on est même allé plus loin en démontrant qu’ils avaient des répercussions visibles dans le cerveau. Les progrès de l’imagerie médicale sont tels qu’on commence à être capable de voir et de mesurer l’impact physique sur les cellules du cerveau des phénomènes environnementaux. Alors quel est l’impact sur le cerveau d’évènements graves tels qu’une prise d’otage, un braquage ou -bien plus courant- des sévices sexuels?

Pour mettre en évidence cet impact, des chercheurs américains ont fait une expérience avec des petits rongeurs. Ils ont pris des rats et les ont traumatisés. Mais comment traumatise-t-on un rat ? Les chercheurs ont mis les rats dans de petites cages en verre totalement closes. Les rongeurs pouvaient bien sûr respirer mais les cages étaient si étroites qu’elles ne permettaient aucun mouvement. Ils ont ensuite fait venir un chat affamé et l’ont laissé au contact des cages pendant 15 minutes.

Ces chercheurs du Texas aux Etats-Unis ont pu démontrer en analysant ensuite les cellules du cerveau de ces petits animaux, une perte de cellules nerveuses très significative dans les régions du cerveau impliquées dans la survenue des dépressions et des angoisses. On a mis en évidence ici qu’un stress aigu de seulement 15 minutes pouvait avoir des conséquences notables en termes de modifications neuronales dans le cerveau. D’autres expériences ont étudié les conséquences d’un stress moins intense mais continu, et ont trouvé des résultats similaires. »  ……



Le(s) auteur(s) :

Raymund Schwan


Philippe Courtet


Prix : 24.00 €

ISBN : 978-2-9549865-0-0

Acheter sur amazon Acheter sur chapitre